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ABOUT Arch. BERTRAND MULLER
French Architect-Designer, Sculptor and Essayist. Specialized in concepts and designs. Founder of Muller B.concepts. Work since 1992 in Lebanon,all Middle East and France.


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Repenser Notre Mode de Vie

Submission Date :2021-02-08 | First Published : 2021-05-05 | Written In : French
  • Plan du 1er Étage, droits d'auteur: Bertrand Muller
  • Plan du Rez de Chaussée, droits d'auteur: Bertrand Muller
  • Cabine I - Façades A - C, droits d'auteur: Bertrand Muller
  • Cabine I - Façades B - D, droits d'auteur: Bertrand Muller
  • Land Masse Section A-A, droits d'auteur: Bertrand Muller
  • Perspective d'Extérieur, droits d'auteur: Bertrand Muller
  • Perspective d'Interieur, droits d'auteur: Bertrand Muller
  • Plan de Masse, droits d'auteur: Bertrand Muller
  • Perspective d'Extérieur, droits d'auteur: Bertrand Muller


Bertrand Muller, Architect Designer

Les évènements de l’actualité ont raccourci le temps. En effet ce qui était encore il y a quelque temps, le futur, est devenu désormais, avec cette pandémie, le présent.

Les raisons de l’existence et de la propagation mondiale de ce virus COVID sont multiples.
Les plus remarquables sont certainement l’augmentation exponentielle de l’humanité, la mondialisation avec ses échanges planétaires incessants et la pollution généralisée de la planète. Il y a urgence à repenser et actionner un nouveau système. Il s’agit de l’avenir de l’humanité…
La planète sous la pression destructrice de nos activités, va réagir, s’adapter, se régénérer mais ce sera… hélas… sans nous…

Nous ne sommes plus à l’ère d’une réflexion stérile, en continuant de chercher des alternatives à notre réalité. Certains acteurs décisionnaires continuent de nous faire croire que nous avons le temps, souvent pour des raisons mercantiles et/ou maintenir leur puissance et par refus de se projeter dans un avenir qui ne les intéresse pas, qui ne les concerne pas.
Notre propre petit confort existant, notre individualisme nous empêchent de réfléchir, de douter, de réagir…

Proposer de vraies alternatives à notre réalité?

Pourtant les signaux d’alarmes sont activés depuis longtemps par des individus et des groupes conscients de l’imminence du danger. La démonstration de futuribles catastrophiques existent dans la littérature et le cinéma …, sans compter l’engagement d’activistes, de scientifiques, de la médiatisation de drames partout dans le monde … Les visionnaires sont rarement écoutés. La vie urbaine est un bouillon de culture, autant intellectuel, culturel, créateur et destructeur.

Notre comportement social est remis en question.

Depuis notre émergence en tant que groupe humain, nous avons vécu en famille, sous forme de tribus, de clans, en nombres d’individus restreints et éparpillés sur un territoire. Ceci pendant des millénaires, vivant de la terre, de ses ressources à proximité immédiate, avec des échanges entre groupes à petite échelle. Après la révolution agricole, notre impact sur l’environnement a démarré. Mais avec la révolution industrielle, notre mode de vie s’est modifié. D’une societé rurale, nous avons évolué vers une société urbaine dans laquelle la vie peut paraitre plus facile.
Ce changement s’opère très vite : la plupart des habitants vivant dans la misère, subissant l’exploitation des plus riches et puissants et une surpopulation s’est constituée dans des espaces réduits. Une densité de population grouillante. Les épidémies existent depuis l’aube de l’humanité. Les virus, bactéries etc…font partie de la chaine la vie, mais les regroupements de population étaient de faible densité et les conséquences relatives au nombre.

L’Histoire nous rappelle les pestes ravageuses au Moyen-Age en Europe, la supposée disparition de civilisations et plus proche la terrible grippe espagnole, responsable  de millions de victimes.

Il est curieux de remarquer l’origine géographique de certains virus responsables, ceci est un autre sujet. Certes la population mondiale à ces époques était moins nombreuse mais le manque d’hygiène associé à d’autres facteurs comme la méconnaissance de la transmission des maladies ont été les vecteurs de ces hécatombes. Concernant la pollution, l’exploitation à outrance de ressources semblant infinies, mais non renouvelables pour la grande majorité, la combustion de réserves fossiles, l’inconscience, la notion de profits faciles, sont les causes des terribles conséquences actuelles. Notre comportement n’est pas nouveau mais toujours dû à l’augmentation des « besoins » du nombre croissant d’habitants. La réflexion devant les dangers est pourtant ancienne, exemple des textes de loi réglementant les ressources existent depuis l’antiquité : au XIe siècle un décret royal en Angleterre, interdisait la coupe des arbres sans autorisation.

Il y a corrélation entre pandémie et pollution.

Le traitement des conséquences de nos comportements ne doit pas se faire uniquement par les progrès de la médecine, les médicaments ou éventuellement par l’apparition de “l’homme augmenté” par le transhumanisme ou encore, par la conquête de l’espace afin de chercher à exploiter ailleurs, des ressources que nous avons épuisées sur notre planète.

Cela peut se faire mais pour d’autres raisons.

D’autres pandémies nous guettent et le réchauffement climatique est une réalité. Des solutions peuvent être mises en œuvre immédiatement avec une attitude de prise de conscience universelle des réalités et de l’urgence dramatique de préserver notre futur, voire notre présent.
Ceci passe par l’information (critique et juste), l’éducation, la gouvernance des états et leur prise de responsabilité. Un grand défi est celui du recyclage dont les bénéfices sont énormes. La responsabilité incombe aux politiques pour la plus grande part et à chacun de nous, avec un peu d’honnêteté intellectuelle. Il est de notre responsabilité, acteurs de nos professions, architectes, urbanistes, designers, de nous impliquer dans ce changement incontournable. Mon engagement est de proposer et de m’impliquer dans les « possibles ».

Plusieurs scenarii s’offrent à nous. Développons dans un premier chapitre, une possibilité facilement réalisable et dans un délai raisonnable par un exemple d’urbanisation et d’architecture comportementale qui devrait réduire les dangers de transmission de maladies par le respect retrouvé de notre environnement. Elaborons l’exploitation d’un terrain en zone suburbaine (projet ci-joint). Liban, moyenne altitude 700-800 mètres, terrain en pente, boisé par des pins d’Alep.

1-Utilisation du terrain dans son état originel, sans couper les arbres, sans excavations profondes, afin de ne pas impacter l’équilibre naturel du sol. Ex: ruissellement, flore et faune existantes.

Aucun revêtement dur n’est utilisé sur le terrain, un travail d’aménagement soft, une zone de circulation des véhicules revêtue de graviers.

2-Les constructions sont sur pilotis, à diverses altitudes, éloignées, pour un maximum d’aération naturelle et positionnées selon le contexte paysager existant.

3-Des voies piétonnes réalisées sous forme de passerelles suspendues relient les constructions. Le dessous des passerelles sert au transport des fluides: eaux, énergie.

4- Aménagement général.     

4-1 Depuis une route d’accès, Entrée sécurisée, parking pour véhicules.

4-2 Zone de plantation et de distribution. Jardin potager, arbres fruitiers, compostage, magasin et ateliers.

4-3 Bâtiments: une maison commune, un club house et huit cabines d’habitation.

4-4 Un lac naturel, une station de traitement des eaux usées, un réservoir de récupération, une centrale de production solaire.

Quelques détails…

  • Zone 4-1 Parking couvert sur pilotis, étages utilisés pour des réservoirs d’eaux et des panneaux solaires couplés avec la centrale.
  • Zone 4-2 Un jardin potager, des arbres fruitiers pour la consommation domestique, frais et transformés. Un magasin de produits locaux et de nécessité, réservé aux habitants. Deux ateliers, un prévu pour l’exploitation agricole, un autre pour la maintenance complète du site, avec à l’étage une unité de vie pour du personnel.
  • Zone 4-3 Le club-house à usage multiple, équipé d’un poste de secours, d’une pharmacie, de télécom, data et d’un espace de stock de secours alimentaire et boissons. La salle principale est subdivisable pour vidéo-conférences, réunions diverses et peut être transformé en espace médicalisé. Equipé d’un sas de décontamination. Les cabines d’habitations, comme le club-house sont conçues selon le principe de la maison bioclimatique, positive.
  • Zone 4-4 Un espace de détente comprenant un lac naturel, réalisé en argile, produit local, la filtration de l’eau assurée par les plantes nécessaires, plantations autour du plan d’eau d’espèces aromatiques afin de purifier l’air et d’éviter les moustiques et autres. Les eaux usées et les eaux de pluies sont collectées et traitées afin d’être potables, récupérées dans un réservoir desservant tout le site. Une centrale solaire produit l’énergie nécessaire, plusieurs systèmes de stockage sont prévus

Les cabines sont équipées d’un système de chauffage de type brûle-tout, afin de consommer les déchets domestiques légers, bois de récupération, granulés, (hors combustibles liquides) et les cheminées possèdent des filtres. L’utilisation de gaz butane ou propane est soumis au cahier des charges et au règlement de copropriété.

Il ne s’agit pas d’un mode de vie à ”l’ancienne” ou au retour de certaines philosophies par refus de la société. Il faut retrouver un équilibre naturel. Vivre avec notre environnement et non pas contre. La technologie positive est présente et les habitants vivent dans le monde présent avec un pied dans le futur.

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